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Par: Solidarité copte (Europe) –

Les questions soulevées par la discrimination et la persécution des Coptes en Égypte, ne peuvent être traitées tant que ces injustices ne soient reconnues.

Pour l’instant, le seul problème qui préoccupe le gouvernement égyptien, ses institutions et le parlement, semble être leur crainte de « l’atteinte de l’image de l’Égypte » par les militants des droits de l’Homme.

Mais tant que le gouvernement égyptien ne mettra pas fin à sa stratégie de déni et de dissimulation, et ne reconnaitra pas les atteintes criantes des droits fondamentaux de ses citoyens chrétiens, aucun progrès ne sera possible.

Or, au lieu de réagir par des initiatives qui assurent le respect de l’égalité dans le traitement de ses citoyens, le gouvernement dépense de l’énergie et des ressources importantes, pour cacher la réalité et pour faire taire les voix qui osent dénoncer les injustices et qui réclament l’égalité citoyenne des Coptes en Égypte.

Afin d’aider le parlement égyptien, les institutions égyptiennes et, plus particulièrement, le Président de la république, censé être le garant suprême des droits de tous les citoyens, voici un ensemble de questions qui permettraient aux autorités égyptiennes de trouver des réponses et des solutions à ces injustices :

 

  1. Quels sont les résultats officiels du recensement des Coptes (chrétiens d’Egypte) ? Pourquoi le pourcentage des Coptes reste « secret » ?
  2. Quand on sait que la religion figure sur les cartes d’identités des citoyens égyptiens et lorsqu’on sait que l’État Civil conserve toutes les données des citoyens nés après 1900, y compris la religion de chaque citoyen, pourquoi le gouvernement égyptien nie sa connaissance du pourcentage des Coptes ?
  3. En l’absence de toute forme d’information officielle, on peut estimer que le pourcentage des Chrétiens s’élève à plus de 12% de la population qui compte environ 95 millions d’habitants. L’État égyptien peut-il contester ce chiffre ?
  4. Durant les 5 dernières années, les Coptes ont été la cible de plus de 500 agressions. Combien d’agresseurs ont été arrêtés et traduits en justice ?
  5. Parmi les centaines de vols et d’agressions commises à l’encontre des entreprises, des pharmacies et des bijouteries appartenant aux Coptes, combien de jugements ont eu lieu ?
  6. Pourquoi aucune personne n’a été inculpée suite à l’agression scandaleuse de Mme Souad Kamel, femme copte septuagénaire, trainée toute nue dans les rues de son village d’El Karm dans le sud de l’Egypte en 2016 ?

Pourquoi lorsqu’en même temps que cette agression inhumaine, huit maisons appartenant aux Coptes du village ont été pillées, saccagées et brûlées, les autorités locales et gouvernementales n’ont pas appliqué la loi et rendu justice aux citoyens coptes, malgré la présence de nombreux témoins et enregistrements vidéo ?

  1. À chaque fois que des foules fanatisées agressent des Coptes, sans aucune raison valable, sous les yeux de forces de l’ordre et de la Sécurité Nationale et parfois avec leur complicité, pourquoi les autorités organisent des « réunions de conciliation » pour forcer les victimes à retirer leurs plaintes et renoncer à leurs droits ? Les victimes sont alors soumises aux décisions tyranniques de ces fanatiques, soutenus par les autorités. Pourquoi les autorités organisent-elles de telles réunions, tout en sachant qu’elles sont contraires à la loi et à la justice ? Et pourquoi ces réunions sont-elles suivies par la déportation forcée des familles coptes innocentes ?
  2. Est-ce qu’un jour, les attaques contre les églises, comme celle des Deux Saints d’Alexandrie, lors de la messe du nouvel an 2011, et comme le massacre de Maspero du 10 octobre 2011, feront-elles l’objet d’enquêtes objectives et seront-elles suivies de jugements impartiaux ?
  3. Pourquoi le gouvernement égyptien, nommé depuis septembre 2015, ne comporte-t-il, parmi ses 33 ministres, qu’une seule ministre copte, sans portefeuille et sans réel cabinet ? Est-ce dû à l’incompétence des Coptes ?
  4. Pourquoi les 27 gouverneurs (préfets) et 4 gouverneurs adjoints ne comportent-ils aucun(e) Copte ?
  5. Parmi les 596 députés au parlement actuel, siègent 39 Coptes dont 24 élus sur des listes électorales « temporaires ». Ceux-ci représentent à peine 6%. Bien que ce taux soit plus favorable que par le passé, sous Moubarak, il est, néanmoins, lié à des mesures temporaires qui prendront fin en 2020. Quelles dispositions législatives sont prévues pour assurer une représentation juste des groupes minoritaires, dont les Coptes, dans les prochains parlements ?
  6. Président n’est copte et seuls 3 Coptes sont nommés comme vice-présidents, sur un total de 72 vice-présidents.

Autre remarque : la Commission de « Défense et Sécurité Nationale » ne comporte aucun Copte.

Comment expliquer ces faits, si ce n’est que l’exclusion délibérée et la négation des droits des Coptes ?

  1. Dans les 18 universités publiques, il existe plus de 70 postes de hauts responsables : recteurs ou vice-recteurs. Parmi ces postes, combien sont occupés par des Coptes ? (Réponse suggérée : zéro)

 

  1. Les universités publiques comportent plus de 280 facultés, avec plus de 960 postes d’encadrement : doyens et vice-doyens. Parmi ces postes, combien sont occupés par des Coptes ? (Réponse suggérée : 4)
  2. Pourquoi les étudiants coptes, qui obtiennent d’excellents résultats lors des examens anonymes, en fin d’études secondaires, deviennent subitement « trop stupides » pour figurer parmi les meilleurs étudiants en fin de leurs parcours universitaires qui comportent des épreuves nominatives et orales ? N’est-ce pas pour limiter le nombre des Coptes dans les postes universitaires ?
  3. Dans les universités publiques des gouvernorats de Minieh et d’Assiout, les étudiants coptes représentent entre environ 25% et 30% de l’ensemble des étudiants. Pourquoi le pourcentage des professeurs coptes de ces universités est inférieur à 5% ?

N’est-ce pas, là, une politique flagrante et préméditée de discrimination ?

  1. Pourquoi les étudiants coptes, diplômés en médecine, sont-ils interdits de se spécialiser en gynécologie ?
  2. Combien de Coptes sont admis, chaque année, dans les différentes Académies militaires et dans l’Académie de la Police ?

(Réponse suggérée : environ 1%)

  1. Quel est le pourcentage des Coptes qui travaillent dans les services de la Sécurité Nationale et des Renseignements Généraux ?

(Réponse suggérée : zéro)

  1. Dans le Conseil National de la Défense qui supervise les Forces Armées, combien y a-t-il de Coptes ? (Réponse suggérée : zéro)
  2. Quel est le pourcentage de Coptes dans les différents corps judiciaires ? (Réponse suggérée : moins de 2%)
  3. L’Égypte possède 167 délégations diplomatiques dans le monde. Combien de Coptes figurent parmi les responsables, ambassadeurs ou consuls généraux ? (Réponse suggérée : 3). Mais aucun n’est nommé dans une grande capitale.
  4. Combien de Coptes sont employés dans les services présidentiels ? Combien dans la Garde Républicaine ? (Réponse suggérée : zéro)
  5. Combien de Coptes ont accédé au poste de Directeur Général ou de Secrétaire d’État dans l’Administration ? (Réponse suggérée : moins de 2%)
  6. Si les postes et les promotions dans la fonction publique, tous échelons confondus, sont basés sur la méritocratie et les qualifications, pourquoi ce processus n’est-il pas transparent pour assurer la sélection des meilleurs candidats, indépendamment de leur appartenance religieuse ? L’État se préoccupe-t-il de la discrimination insidieuse subie par les Coptes dans l’administration ?
  7. Parmi les 69 clubs de football comptant plus de 2000 joueurs inscrits en 1ère, 2ème et 3ème division, combien de joueurs sont coptes ? Quelles actions sont menées pour enquêter sur les nombreuses plaintes déposées par des athlètes coptes bannis des équipes sportives dans la plupart des clubs ?
  8. Pourquoi le gouvernement exige-t-il de connaître la religion ou l’absence de religion des citoyens ?
  9. Pourquoi l’appartenance religieuse doit-elle obligatoirement figurer sur les Cartes Nationales d’Identité et dans d’autres documents, tels que les formulaires de candidature, y compris dans les sociétés privées, contrats commerciaux, actes notariés, demandes d’adhésion à un club,… ?
  10. Si l’appartenance religieuse peut être, immédiatement, modifiée dans les documents officiels suite à une conversion « à » l’Islam, pourquoi n’est-il pas possible d’effectuer ce changement dans le cas d’une conversion « de » l’Islam à une autre religion ?
  11. Durant les quatre dernières années, une cinquantaine de personnes, en grande majorité coptes, ont été traduites en justice et condamnées à de lourdes peines pour crime de « mépris » de la religion musulmane.

Or, la religion chrétienne n’est -elle pas attaquée, quotidiennement, avec violence et mépris, avec violence et mépris, du haut des minarets et sur les plateaux de la télévision égyptienne, dans l’impunité totale ?

  1. Pourquoi des dizaines de Coptes, accusés de blasphèmes, fabriqués de toutes pièces, se retrouvent-ils, toujours, en prison ? Et, à l’opposé, pourquoi les prêcheurs de haine, comme le Cheikh Salem Abdel Galil, sont-ils laissés en liberté ?
  2. Parmi les dizaines d’imams qui incitent, ouvertement, à la haine et à la violence contre les Chrétiens, combien ont été traduits en justice ?
  3. Pourquoi les recommandations de la Commission « Oteify » (en 1972 déjà), visant la réduction des conflits confessionnels et comportant une loi unique pour le traitement des mosquées et les églises, n’ont jamais été prises en compte par l’état égyptien ?
  4. Malgré la nouvelle loi visant la régularisation de la construction des églises, pourquoi plus de 250 églises sont, toujours, fermées par ordre de la Direction de la Sécurité Nationale ?
  5. Si la liberté religieuse existait en Égypte, comment se fait-il que prier dans sa propre maison, sans l’obtention d’un « permis », est considéré comme un crime ?
  6. Pourquoi les programmes des écoles et des universités d’Al-Azhar, qui enseignent la haine et incitent à la violence contre les Chrétiens, n’ont subi que de petits changements superficiels ? Dans ce contexte, est-il concevable d’imaginer que des millions d’étudiants, ayant été endoctrinés par des enseignements incitant à la haine, puissent vivre en harmonie avec des citoyens non-musulmans ?
  7. Où est la justice dans le traitement des citoyens Chrétiens, dont les impôts financent l’enseignement, qui leur est interdit d’accès, d’Al-Azhar dont le budget de 2017 s’est élevé à 12,3 milliards de livres égyptiennes (alors que celui de l’Université du Caire était limité à 2,8 milliards de livres) ?

Pourquoi l’Université d’Al-Azhar offre-t-elle des bourses à des milliers d’étudiants étrangers pour suivre des études islamiques en Égypte, tandis qu’aucun financement public n’est prévu pour les institutions d’études coptes en Égypte ?

  1. L’Université d’Al-Azhar, destinée, à sa création, aux études islamiques, a élargi ses établissements l’ensemble des disciplines universitaires (médecine générale, médecine dentaire, pharmacie, sciences de l’ingénieur, lettres, etc.). Elle fait partie, dorénavant, des 10 plus grandes universités mondiales, en nombre d’étudiants, avec un demi-million d’étudiants, répartis dans 87 facultés. Pourquoi les étudiants chrétiens ne sont pas admis dans les facultés non-religieuses d’Al-Azhar ?
  2. Comment se fait-il qu’Al-Azhar ait obtenu le droit de créer un système colossal d’éducation parallèle, de la maternelle au baccalauréat, financé par l’état ? N’y a-t-il pas 2,1 millions d’élèves inscrits dans ces écoles, similaires aux Madrasas d’Afghanistan et du Pakistan, présents dans chaque commune, partout en Égypte.
  3. Pourquoi les titulaires des diplômes secondaires d’Al-Azhar ont-ils le droit de s’inscrire dans les académies militaires et policières ? Les motivations de ces officiers, conditionnés par des principes religieux plutôt que patriotiques n’expliquent-elles pas la haine et le mépris qu’ils manifestent à l’égard de leurs collègues et des citoyens non-musulmans ?
  4. Pourquoi les programmes officiels d’études du Ministère de l’Éducation Nationale ignorent-ils sept siècles d’Histoire copte, tout en glorifiant des « héros » envahisseurs qui ont massacré des millions de Chrétiens en Égypte et en Afrique du Nord ?
  5. Comment se fait-il que les programmes officiels de la langue arabe incluent des sujets et des textes qui inspirent la haine des personnes qui ne partagent pas les mêmes convictions ? Ces textes n’incitent-ils pas à la violence et à la discrimination ? Ne favorisent-ils pas un climat de suprématie islamique dans la société ? Ne forcent-ils pas les étudiants non-musulmans à étudier des textes qui dénigrent leurs propres croyances?
  6. Quand est-ce que « la question copte », traitée comme un simple « dossier » confié à la Sécurité Nationale, deviendra-t-elle une cause citoyenne prioritaire pour le Président de tous les égyptiens ?
  7. L’article 53 de la Constitution égyptienne stipule que : « La discrimination et l’incitation à la haine sont punies par la loi. L’état est obligé de prendre les mesures nécessaires pour éliminer toute forme de discrimination. La loi régule l’établissement d’une commission indépendante pour cette raison ». Quand l’État prendra-t-il sérieusement en compte cette obligation constitutionnelle ? A quand une Commission indépendante pour combattre la discrimination religieuse ?

 

Coptic Solidarity (Solidarité Copte) est une organisation dont la vocation est la promotion de l’égalité des droits des citoyens chrétiens d’Egypte (les Coptes) et des autres minorités chrétiennes de Moyen-Orient avec ceux des citoyens musulmans, dans leurs pays d’origine. Elle est basée à Washington aux États-Unis

En France, l’Association Internationale Solidarité Copte Europe (AISCE) est affiliée à Coptic Solidarity aux États Unis. L’AISCE est une organisation qui vise à aider les minorités, et plus particulièrement les Coptes. Nous soutenons ceux qui œuvrent en Égypte pour la démocratie, la liberté et la protection des droits fondamentaux de tous les Égyptiens.

Pour plus d’informations, visitez notre site web : Coptic Solidarity – Advocacy for equality

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